Le Mémorial huguenot

A dix minutes de la Croisette par le bateau, au Fort de l'île Sainte-Marguerite dans la baie de Cannes

A la mémoire des pasteurs
Paul Cardel
Pierre Salve de Bruneton
Gabriel Mathurin
Matthieu de Malzac
Elisée Giraud
Gardien Givry

Le Fort de l'Île Sainte-Marguerite
Exilés de France à la révocation
de l'édit de Nantes,
Rentrés clandestinement pour
servir les Eglises sous la Croix,
Enfermés à vie à Sainte-
Marguerite,
ayant préféré la prison à
l'abjuration.

Avec le fort de Brescou, la tour de Constance à Aigues-Mortes et le château d'If, le fort de l'île Sainte-Marguerite dans la baie de Cannes est une des quatre prisons royales des bords de la Méditerranée où, pour "crime de religion", des religionnaires furent enfermés aux XVIIe et XVIIIe siècles. C'est pourquoi un Mémorial huguenot fut "dressé" dans une ancienne cellule. Il évoque la douloureuse et implacable incarcération à vie de six ministres de l'Evangile qui, rentrés clandestinement en France après la Révocation de l'édit de Nantes pour prêcher l'Evangile aux fidèles sous la Croix, avaient été bientôt arrêtés à Paris.
Tenus au secret le plus strict, ils ont constamment essayé de rompre cet isolement : le chant des psaumes entendu, en dépit de l'épaisseur des murs, d'un cachot à l'autre, était un signe de prière et d'affirmation de leur foi mais également un signe de reconnaissance et d'encouragement mutuel à la résistance.
L'épisode qui a le plus frappé les esprits est celui de l'assiette d'étain* : en 1690 l'un d'entre eux tente de communiquer avec le monde libre en gravant quelques mots sur une pièce de vaisselle qu'il s'arrange pour faire passer à l'extérieur : stratagème vite découvert et puni comme il se doit.
Au reste le confinement perpétuel et le manque d'exercice, l'inactivité et les pressions morales permanentes, ajoutés à une nourriture misérable, à un confort plus que précaire et aux sévices corporels, ont eu raison, semble-t-il, de la santé mentale de deux ou trois d'entre eux.
Si Paul Cardel fut délivré par la mort au bout de cinq années à l'âge de 40 ans, Matthieu de Malzac, lui, subit 33 ans de captivité jusqu'à sa mort survenue en 1725. Gabiel Mathurin fut plus heureux : en 1715, à l'issue de 25 ans de détention, il fut libéré ; il avait 75 ans !
Rentrés en France "pour attendre la délivrance que Dieu allait envoyer à ses enfants", ils ont mis en oeuvre le texte de Philippiens I, 22 qui inspira à Pierre Bruneton un sermon : "Christ m'est gain à vivre et à mourir".
*Ce geste fut attribué à tort par Voltaire au Masque de Fer qui séjourna au fort de 1687 à 1698.

Elements biographiques - Prière de Gardien Givry - Les Psaumes - Rassemblement protestant biennal - L'AMHIS - Balade de Cannes au Mémorial - Les liens